Courrier aux politiques.  8/2/2010

 
Monsieur le Parlementaire
                              Moulin des belles paroles
                              15340 Cause toujours tu m'intéresses.


                                   Nivelles, le 1er mars 2010.




Monsieur le Parlementaire,

Vous n’êtes pas sans connaître le débat sur l’harmonisation des statuts ouvrier-employé.

C’est un débat important que nous attendons avec beaucoup de sérénité et même une certaine impatience dès lors qu’il s’agit, comme le demande l’Europe depuis longtemps déjà, de résoudre les problèmes de discrimination vécus par les ouvriers, principalement pour ce qui est de leurs préavis qui sont parmi les plus courts d’Europe.

Par contre, c’est un projet que nous combattrons de toutes nos forces si certains, à l’instar de la FEB, prenaient prétexte de cette discrimination pour détruire le statut des employés et plus particulièrement en rabotant leurs préavis, tant dans son rôle « indemnisant »  que dans celui de protection contre le licenciement.

Certes, il s’agit pour nous de préserver les acquis de 2.100.000 « mensuels » qui constituent 63% des travailleurs du pays, et plus de 70 % si on y ajoute les ouvriers qui par CCT sectorielles ou d’entreprise bénéficient des conditions de préavis identiques aux employés.

Au-delà de son rôle d’indemnité (qui reprocherait aux employés jetés par Carrefour de toucher leurs indemnités de licenciement ?), le coût du préavis tend à responsabiliser les employeurs et constitue une protection importante contre  le licenciement.

La grave crise que nous connaissons l’illustre très concrètement dans ses chiffres :

- Les principales victimes de la crise se comptent dans les rangs des travailleurs précaires, intérimaires ou en fin de contrat à durée déterminée. Malgré les alternatives « quasi gratuites », tels le chômage économique et la suspension de crise, les employeurs, puisque c’est tout à fait gratuit, ont préféré virer ces travailleurs là, qu’ils soient ouvriers ou employés.

- Viennent ensuite les ouvriers. Vu la faiblesse de leurs préavis et malgré un chômage économique accessible sans condition, les ouvriers constituent plus de 80% des travailleurs CDI licenciés. Vérifiez les chiffres, ceci vaut dans tous les secteurs, y compris dans les secteurs industriels, toutes pondérations faites.

- Les moins touchés, même s’ils restent beaucoup trop nombreux, sont les employés. C’est clair, et particulièrement dans les entreprises sans représentation syndicale, le fait de devoir payer un préavis d’une certaine importance conduit, quand c’est possible, les employeurs à réfléchir à des alternatives au licenciement.

Mais nous avons bien d’autres arguments à vous faire connaître. Ce dossier est d’importance et nous espérons que vous pourrez prendre un peu de votre temps précieux pour aller consulter notre site internet « www.laisseznousvousvirer.be »
Nous y développons une argumentation bien plus complète qui ne manquera pas, croyons-nous,  de vous convaincre du bien fondé de nos revendications.

Cela étant, nous souhaitons profiter aussi de ce courrier pour vous poser quatre questions précises :

1) Pensez-vous qu’il faille amener le niveau du préavis des ouvriers au même niveau que celui des employés ? Si non, pourquoi ?

2) Pensez-vous, si demain, le coût d’un licenciement pour un employeur est proche de zéro (comme le préconise la FEB), que cela va renforcer la sécurité d’emploi des travailleurs ? Si oui, pourquoi ?

3) Pensez-vous que la collectivité, via la sécurité sociale ou l’impôt doit payer une partie du préavis des travailleurs licenciés afin de le rendre très bon marché pour l’employeur ? Si oui, pourquoi ?

4) Croyez-vous qu’un employeur qui licenciera plus vite et plus de travailleurs va ensuite, grâce à cela, en embaucher plus d’autres et pour plus longtemps ? Si oui, pourquoi ?


Nous espérons que vous voudrez bien nous faire parvenir vos réponses. Outre de nous permettre de connaître vos positions sur ce sujet, nous souhaitons rendre plus clair le débat auprès de nos 160.000 membres CNE ainsi que de dizaines de milliers d’autres travailleurs que nous pouvons toucher dans les entreprises où nous sommes syndicalement présents. Ou encore au travers de nos canaux d’information. Nos collègues de la LBC (CSC employés néerlandophones) entament cette même démarche dans le nord du pays.

Sachez ainsi que votre contribution ne restera pas sans suite, puisque nous informerons les employés de votre position individuelle. Ou de votre absence de réaction.

Et comme selon nous, l’éducation doit être permanente, nous vous promettons déjà que nous mettrons en œuvre les moyens nécessaires pour rappeler aux employés, lors des prochaines élections politiques,  le rôle positif que vous aurez joué dans ce difficile dossier.

Vous pouvez adresser vos réponses au Secrétariat général de la CNE, rue Avenue Alcide de Gasperi, 21 à 1400 Nivelles ou via notre adresse mail u49sef@acv-csc.be

Nous vous remercions déjà du temps que vous consacrerez à ce courrier et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Parlementaire, l’expression de nos salutations distinguées.

 
 
Vos délégués CNE.

La CNE est une centrale syndicale francophone affiliée à la CSC.


Haut de page